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Sonnet composé à la gloire de deux jeunes yeux
amoureux,
et dans lequel le poète,
avide de louanger comme il faut,
de célébrer comme il convient,
leur feu, leur mouvement, leur éclat, leur lumière
cherche vainement,
même dans le domaine du chimérique et de l'irréel,
une image digne de leur être opposée.
(Il lit.)
Ce ne sont pas des yeux, ce sont plutôt des dieux,
Ayant dessus les rois la puissance absolue.
Des dieux?... Des cieux, plutôt, par leur couleur de nue
Et leur mouvement prompt comme celui des cieux.
Des cieux?... Non!... Deux soleils nous offusquant la vue
De leur rayons brillants clairement radieux!...
Soleils?... Non!... mais éclairs de puissance inconnue,
Des foudres de l'amour, signes présagieux...
Car, s'ils étaient des dieux, feraient-ils tant de mal?
Si des cieux? Ils auraient leur mouvement égal!
Des soleils?... Ne se peut! Le soleil est unique.
Des éclairs alors?... Non!... Car ces yeux sont trop clairs!
Toutefois je les nomme, afin que tout s'explique:
Des yeux, des dieux, des cieux, des soleils, des éclairs!


Philinte

C'est grand comme la mer.


Alceste

, à part.

Et bête comme une oie.
Mais de ce malheureux pourquoi gâter la joie?...
Qu'il soit grotesque en paix!


Oronte

Eh bien, sur mon sonnet?


Alceste

Franchement, il est bon à mettre au cabinet
De lecture.


Oronte

,