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Page:Coubertin Remède au surmenage 1888.djvu/9

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mouvements lilliputiens et à mille gamineries ; quatre ou cinq étaient aux arrêts dans les coins ; plusieurs se promenaient gravement ; d′autres, accroupis à terre, jouaient aux billes ; quelques autres encore s′amusaient tout simplement à se tirer la langue et à se faire des grimaces… et leur homme de maître, se frottant les mains, me disait : Vous voyez comme ils prennent leurs ébats ! … En effet, quand on lâche les enfants en leur disant de jouer, voilà les jeux auxquels ils se livrent ; ils n′ont rien de commun avec ceux que nous voulons introduire dans l′éducation et qui demandent autrement d′efforts. La première fois qu′on touche un aviron, il s′enfonce dans l′eau de plusieurs coudées puis remonte subitement dans l′air en aspergeant tout le monde… L′escrimeur novice s′étonne de voir son fleuret dévier sans cesse, malgré lui, — au lawn-tennis, les commençants reçoivent les balles plus souvent sur la tête que sur la raquette, exactement comme à la première leçon d′équitation, il suffit au cheval d′un petit mouvement à peine esquissé pour se débarrasser de son cavalier. — Croyez-vous encore, quelque facile que cela en ait l′air, que vous réussirez du premier coup à bien lancer avec le pied un gros ballon… Essayez un peu.

Pour tout cela, il faut un enseignement et un entraînement. Beaucoup comprennent cela : jusqu′à ce jour peu avaient osé le dire et personne n′avait osé le faire.