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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/69

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dirigée. Je vous donne donc ma démission et je vous prie de la transmettre à ces messieurs. Cela ne fait que précipiter les événements car je suis occupé, en ce moment, à me retirer de tout. Je crois que vous avez fait une bonne chose. Je suis bien aise de m’y être associé. Il était naturel que je le fisse ayant été comme ministre un ardent promoteur des exercices physiques et il paraîtra naturel à tout le monde que je continue à m’intéresser à vos succès en spectateur ». Je répondis à M. Jules Simon que je refusais sa démission et ne la transmettrais à personne. Il n’insista pas et ne m’en parla plus. Un pas redoutable se trouvait franchi.

J’ai nommé à l’instant M. Heywood. Professeur au lycée Buffon, grand amateur de sport, M. Heywood fut véritablement, pendant ces années 1891 et 1892, l’âme du football. Son dévouement infatigable, son juvénile entrain, l’empire considérable qu’il exerçait Général Février
le général février
Grand Chancelier de la Légion d’Honneur
Président d’honneur du Stade Français
sur la jeunesse constituèrent pour notre œuvre un de ses meilleurs atouts. En dehors des scolaires, M. Heywood s’intéressait vivement au progrès du Stade Français et j’en étais ravi. Cette vaillante société dont l’esprit sportif me paraissait très supérieur à celui du Racing avait beaucoup de peine à percer franchement et je n’apprendrai rien à personne en disant que le Racing ne l’y aidait guère. La rivalité entre les deux clubs doyens s’exacerbait souvent de façon inquiétante. À la fin de l’année 1890 (sa lettre d’acceptation est datée du 17 octobre), j’avais obtenu du général Février, grand chancelier de la Légion d’honneur qu’il devint président d’honneur du Stade. Mais ce qui importait bien davantage, c’était de lui trouver un terrain. La loi du 31 juillet 1890 avait autorisé la cession du Champ-de-Mars à la ville de Paris.