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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/62

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« La réunion (celle des championnats interscolaires à laquelle avait assisté M. Carnot) était nombreuse, sans cesser d’être intime. Chaque année nous agirons de même mais nous ne ferons rien de plus. La foule bruyante et houleuse ne nous acclamera jamais que contre notre gré, mes amis, et jamais nous ne consentirons à transformer vos concours en spectacles publics. »

Cette Assemblée générale s’était tenue dans la grande salle de l’École des Sciences politiques. Il en était sorti la consolidation de l’œuvre hâtivement construite trois mois plus tôt. Les statuts remaniés prévoyaient un conseil et un comité techniques. Le comité comprenait les délégués des sociétés affiliées ; le conseil comprenait en plus les représentants des membres honoraires. C’est en cette qualité que MM. Fringnet, proviseur du lycée Lakanal, A. Godart, directeur de l’École Monge, le vicomte Léon de Janzé, le Docteur Fernand Lagrange, Éd. Maneuvrier, le comte Jacques de Pourtalès et Ch. Richefeu en faisaient partie. Le poste de secrétaire général avait été créé pour moi. M. Jules Marcadet était secrétaire du Comité et M. L.-Ph. Reichel, trésorier. Quand Saint-Clair se retira, ce fut à notre triumvirat, je veux dire MM. Marcadet, Reichel et moi, qu’échut la tâche d’administrer l’U. S. F. S. A. et d’assurer ses progrès. Ce que furent leur zèle et leur dévouement, je ne manquerai pas de le rappeler dans mon prochain article. Peut-être sera-t-on curieux de savoir comment nous étions sortis de cette impasse budgétaire qui m’avait fait hésiter à accepter les propositions de M. de Saint-Clair car enfin des membres honoraires ne se recrutent pas en un rien de temps ; nous en avions trouvé tout de suite un certain nombre mais ce n’était pas suffisant. Heureusement il y avait un millier de francs disponibles provenant de la liquidation rapide d’une société que nous avions fondée en 1889, M. Jules Simon, MM. Godart, Levasseur, Raoul Duval et moi et qui se proposait d’accomplir dans le domaine moral de la pédagogie une révolution parallèle à celle qui s’accomplissait au point de vue physique. La crise intérieure survenue à l’école Monge enlevait à cette association son point d’appui indispensable. J’obtins donc, non sans lutte, que l’Association se déclarât dissoute et versât ses modestes fonds dans la caisse vide de l’Union où ils firent merveille. C’est ainsi que M. Reichel put annoncer, le 6 juillet, 2.049 fr. 50 de recettes, 1.510 fr. 40 de dépenses, soit un solde en caisse de 539 fr. 10.

Au début de cette année 1890 avait eu lieu le « concours Bischoffsheim ». M. Bischoffsheim avait mis à la disposition du