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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/46

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trouva réalisé tout à coup avec une ampleur et une soudaineté merveilleuses. On remarquera que M. Hébrard était membre de notre Comité auquel il est vrai de dire qu’il n’avait donné signe de vie depuis son adhésion. La Ligue dont la composition et les statuts jaillirent en travers de notre route sans que rien nous l’eût fait prévoir, reçut instantanément l’adhésion de M. le recteur Gréard et d’un grand nombre de fonctionnaires. Elle « officialisa » aussitôt la question de l’Éducation physique, la hâta et jeta les bases d’une organisation toute différente de celle que nous avions en vue, d’une organisation bruyante et ostensible avec, au sommet, ce projet de Lendit qui commença de tourner les têtes des jeunes lycéens susceptibles de s’y voir couronner. De plus, elle dériva sur elle-même, par le seul fait d’une fondation si sensationnelle, les générosités auxquelles nous nous apprêtions à faire appel ; et le projet des parcs scolaires fut emporté comme par une bourrasque.

Voilà ce qui donnait à la séance du 29 octobre un certain caractère de contrainte. M. Jules Simon n’était pas content, trouvant qu’on avait manqué d’égards envers lui ; M. Gréard affectait de se laver les mains et M. Picot prêchait la conciliation. Finalement,

Concours de longue paume
concours de longue paume au jardin du luxembourg, le 18 juin 1889

on reconnut que le Comité devait, sans s’émouvoir, poursuivre sa route et cette résolution décida du sort d’un projet mis en avant pendant l’été par M. Godart et auquel l’administration de l’Exposition de 1889 avait fait très bon accueil. Parmi les congrès