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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/24

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d’y être en honneur mais les dirigeants semblaient craindre, en attirant sur cet aspect de leur pédagogie l’attention du public, de nuire au bon renom de l’établissement. Cependant, je sentis que, là aussi, je serais appuyé.

Rien à attendre des établissements religieux. Stanislas et Arcueil s’enfermaient obstinément chez eux, n’en voulant point sortir ; le père Didon, en ce temps-là, s’absorbait dans ses fonctions de prédicateur et d’écrivain : son rôle d’éducateur ne se dessinait pas encore. Les collèges des Jésuites regarderaient, je le savais, avec le plus parfait dédain la réforme naissante. Je fis une tentative auprès de l’externat de la rue de Madrid dont j’avais suivi les classes et dont l’association des Anciens Élèves était placée sous ma présidence. Mais le non possumus fut absolu. Les Jésuites avaient la prétention, fort peu justifiée, de donner dans leurs établissements une culture physique complète parce que beaucoup d’entre eux participaient avec entrain aux jeux de leurs élèves. Mais ils étaient résolus à s’en tenir à ces jeux d’un caractère enfantin et à proscrire sévèrement tous les sports susceptibles d’être gouvernés par les collégiens ce qui amènerait ceux-ci à se rencontrer, les jours de matches, avec des jeunes gens appartenant aux établissements de l’État ou à des écoles laïques.

Il y avait, il est vrai, à Paris, quatre maisons religieuses en contact direct avec l’Université : les écoles Bossuet, Fénelon, Massillon et Gerson dirigées par des prêtres libres et dont les élèves recevaient en externes l’enseignement du lycée le plus voisin. Je les visitai en vain, sauf l’école Gerson dès alors entre les mains d’un ecclésiastique de la plus haute valeur, homme large d’esprit et de cœur, ne craignant aucune nouveauté et tout dévoué à son œuvre : c’était M. l’abbé Dibildos. Enfin, aux environs de Paris — un peu isolé, malheureusement — le beau collège de Juilly me rappelait par certains côtés les public schools d’Angleterre. On y montait à cheval, on y jouait ; l’atmosphère avait quelque chose de sportif et de libre qui charmait tout particulièrement sous le ciel de France. Le supérieur du collège, le R. P. Olivier, était d’avance acquis à la bonne cause.

Quant aux lycées eux-mêmes, beaucoup de bonnes volontés y somnolaient sous l’enduit malheureusement épais d’une routine organisée. Dans l’Académie de Paris, plus que dans aucune autre, tout aboutissait au rectorat. Lorsque je me sentis certain que M. Gréard marcherait avec nous, je fus certain aussi que ses proviseurs adhéreraient à l’entreprise mais que, sur un second signe