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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/21

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deux peuples passaient pour un obstacle infranchissable à toute imitation de l’un par l’autre. Nous avions bien emprunté à nos voisins le parlementarisme mais nous n’admettions même pas qu’il pût être opportun de leur emprunter quelques principes de pédagogie. Encore un symptôme à noter. Le 21 mai 1887, Jules Simon qui allait devenir un an plus tard le chef de notre mouvement, prononçait le grand discours d’ouverture du Congrès annuel de la Société d’Économie Sociale et des Unions fondées par Le Play. Il avait choisi pour sujet : l’Éducation. Or, c’est à peine si le texte de ce superbe morceauFernand Lagrange
le docteur fernand lagrange
auteur de « La Physiologie des Exercices du Corps »
d’éloquence laisse apparaître quelque velléité d’employer l’exercice physique à la réforme de la pédagogie française. Un passage pourtant indique que les préférences de l’orateur seraient pour « le jeu athlétique anglais », et ce passage est à noter car personne encore n’en avait dit autant.

C’est que l’Académie de Médecine venait de donner un nouveau coup de barre au vaisseau de l’opinion (si l’on autorise cette métaphore), dans la direction fausse où l’avait engagé un homme éminent et néfaste, Raoul Frary. Son livre fameux, La question du latin, avait réuni dans une pensée commune la plupart des réformateurs ; ceux-ci croyaient, non sans quelque naïveté, qu’allégé du poids des langues dites mortes, l’enseignement allait bondir vers le soleil comme un ballon délesté. Les parents, apercevant dans cette disparition de la culture classique le moyen de remédier au surmenage intellectuel dont ils croyaient constater chez