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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/192

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Pourtant nulle parole, nul geste, n’avaient encore apporté à ce mouvement tardif la sanction définitive aux yeux des catholiques, l’approbation pontificale. Léon xiii, trop absorbé par son génie politique, était étranger à ces choses et je pus me convaincre que S. E. le cardinal Rampolla ne s’y serait pas intéressé non plus. Au contraire, Pie x qui, étant archevêque de Venise se plaisait à encourager les prouesses des gondoliers, admit peu après son élection une société de gymnastique de Rome à pénétrer dans les jardins du Vatican et à y donner une séance en sa présence. Le cardinal Merry del Val me relatant le fait me rappela sa propre éducation britannique qui le disposait à si bien comprendre la portée pédagogique des sports et à en parler avec l’aisance avertie de l’homme du monde et du grand seigneur. Je n’eus donc aucune peine à obtenir du Pape des paroles de bienveillante sympathie pour l’olympisme renaissant. Pie x parut même prendre beaucoup d’intérêt au succès de l’olympiade romaine. Nul doute que les sociétés catholiques existant dans les patronages d’Italie n’eussent été autorisées à y prendre part. En attendant, on accueillit l’année suivante un pèlerinage musculaire venu de France et admirablement organisé par Charles Simon, le dévoué secrétaire général de la F. G. S. P. F. que préside le docteur Michaux. Le succès de cette manifestation fut si grand que certains, au Vatican, envisagèrent la possibilité d’une réunion internationale… On nous en parla discrètement. C’eût été, en somme, l’hospitalité donnée par la papauté à une partie de la quatrième Olympiade. Curieux projet propre à rassurer définitivement les fidèles dont la timidité s’effrayait, hier encore, en face de l’athlétisme renaissant et qui se demandent si l’orgueil de la vie dont parle l’Écriture est celui de la pensée ou celui des muscles.