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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/164

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XVII

CHICAGO OU SAINT-LOUIS



Le Comité International Olympique s’assembla à Paris le mardi 22 mai 1901 et les jours suivants. La ville de Prague nous avait bien invités à nous réunir dans ses murs et, volontiers, nous eussions accepté son hospitalité mais les convenances personnelles de nombre de nos collègues nous obligèrent de choisir Paris. La session se tint à l’Automobile Club de France, sous le patronage du chef de l’État — alors M. Émile Loubet — qui nous reçut fort gracieusement à l’Élysée à l’issue de nos séances. Contrairement à ce qui aurait dû être, j’exerçais toujours la présidence du Comité. J’ai déjà rappelé la disposition établie sur ma demande en 1894 et d’après laquelle cette présidence devait appartenir pour quatre ans à l’un des représentants du pays où allaient se tenir les prochains Jeux Olympiques. En ce temps-là, nous pensions déjà à célébrer en Amérique la troisième Olympiade mais les incidents de 1900 n’avaient pas permis de transformer encore cette intention en résolution définitive. De plus, le moment venu, le professeur W.-M. Sloane avait refusé énergiquement ma succession et déclaré que, sous peine de compromettre l’œuvre entreprise, le Comité International devait continuer à être présidé par son fondateur ; il avait même fait, de l’acceptation de cette proposition, une condition sine qua non de son concours ultérieur. Le bien-fondé de certains de ces arguments était indéniable ; des directions successives n’assureraient pas l’unité et la cohésion désirables. Mais je ne voulais à aucun prix d’une présidence à vie ; je proposai le terme de dix ans et le règlement se trouva modifié dans ce sens. C’était dans ces conditions que s’ouvrit la session de 1901 ; son principal objet était de fixer le lieu des Jeux Olympiques de 1904.

Le 13 février de cette même année 1901 avait eu lieu, dans un des premiers clubs de Chicago, un banquet présidé par le Dr W. Harper, président de l’Université et à la suite duquel un comité