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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/145

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Henrotin et Georges Lafaurie ; ils étaient tous havrais. Les trois premiers surtout se donnèrent beaucoup de mal pour remplir, à l’aide d’une souscription, la bourse du trésorier, M. Lafaurie et, malgré qu’il ne fallût pas de grandes sommes, l’intérêt parut un moment fléchir à ce point que nous dûmes envisager l’opportunité d’un ajournement. Qu’en eût-il été dans une autre ville ?… On s’en était remis à ma décision. J’étais alors à Luchon ; le parti de la confiance l’emporta et je télégraphiai qu’il fallait aller de l’avant. Or, à peine arrivé en Normandie, j’y tombai malade et sortis de mon lit juste à temps pour aller présider les séances, effort qui faillit d’ailleurs nuire assez sérieusement à ma convalescence. Ces séances durèrent six jours ; je fus privé d’assister à aucune des fêtes dont j’avais pris grand plaisir à arrêter le détail ; j’ai su qu’elles furent très réussies. La fête de gymnastique aux flambeaux sur la jolie place Gambetta, située entre le théâtre et le bassin du Commerce, et surtout l’embrasement des falaises de la Hève furent favorisés par le temps et fort applaudis. Les congressistes s’étaient réunis à Rouen et étaient arrivés au Havre par bateau en descendant la Seine ; ils firent, le 30 juillet, une excursion à Étretat et le 1er août assistèrent aux régates du Havre. La séance d’ouverture avait eu lieu le 26 juillet et le banquet de clôture fut donné le 31, à l’hôtel Frascati. Les autorités y assistaient. En somme, grâce surtout au dévouement intelligent et zélé de M. Langstaff, tout se passa fort bien.

Le président de la République reçut les membres du Congrès dans sa villa de la Côte en deux fournées. Je lui présentai d’abord les Français fort nombreux, puis les délégués étrangers parmi lesquels la Russie et la Hongrie avaient seules des représentants officiels chargés de mission par les ministres de l’Instruction publique ; mais il y avait aussi des Suédois, Américains, Anglais, Italiens, Allemands représentant soit des universités, soit de grandes sociétés de sport. Les discussions furent intéressantes et très suivies. Le recteur de l’Académie de Caen y prit part ainsi que le sous-préfet du Havre qui s’associa même avec le père Didon pour présenter un des vœux que le Congrès adopta.

Le Congrès, ainsi que je l’ai dit, ne toucha pas à la question des Jeux Olympiques. Toutes choses restèrent en l’état. Il était venu surtout des pédagogues et des hygiénistes, peu de techniciens. D’ailleurs, du moment que le hasard des événements avait enlevé toute actualité au principal problème, celui du modus vivendi à éta-