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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/136

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taine d’articles de tous les côtés de l’empire rédigés sur le même ton, mais ce fait n’a rien d’insolite car une nouvelle de cette nature une fois lancée par les grands journaux est toujours commentée par les autres organes de la presse. Aussi j’espère que, grâce à vos mesures efficaces, l’émotion se calmera bientôt. Et d’abord vous savez que la National Zeitung a publié votre communication excellente sous tous les rapports. Elle l’accompagne, il est vrai, encore de quelques remarques désobligeantes mais assez oiseuses en elles-mêmes et qui sont destinées à masquer sa retraite. Ensuite, j’ai aussi pris conformément à votre désir des mesures pour donner à la lettre que vous avez bien voulu m’adresser la plus large publicité. J’ai envoyé à cet effet traduction de votre lettre avec prière d’insertion aux principaux journaux et j’ai prié le Docteur Gebhardt de demander une audience au chancelier pour lui en remettre la copie et lui fournir en outre tous les renseignements voulus. Je pense que, de cette manière, votre lettre sera sûrement placée par le prince Holenlohe sous les yeux de l’empereur et personne n’ignore combien Sa Majesté désire le maintien des bons rapports avec la France ». Peu de jours après, le Comité allemand réunissait une assemblée générale à l’issue de laquelle il m’envoyait par dépêche « ses sympathies unanimes et ses vœux pour la réussite de l’effort commun ». De Grèce, je n’avais encore rien reçu. Le 7 février 1896 seulement, M. Philémon se décida à me télégraphier « Comité hellène a jamais cru paroles attribuées à vous initiateur renaissance jeux olympiques » télégramme qu’il appuya un peu plus tard d’une lettre chaleureuse.

Ce fut la dernière manifestation de la reconnaissance athénienne ; on n’avait plus besoin de moi ; on était sûr du succès ; je n’étais plus qu’un gêneur rappelant par ma seule présence l’initiative étrangère. À partir de ce moment, non seulement mon nom ne fut plus prononcé mais chacun sembla prendre à tâche de contribuer à effacer le souvenir de la part prise par la France au rétablissement des Olympiades. Le plus grand nombre de ceux que j’avais groupés l’an passé autour de l’œuvre naissante évitaient de me rencontrer ou affectaient de ne pas me reconnaître. Aussi la première correspondance envoyée au Temps par M. Larroumet et dans laquelle l’éminent écrivain, que d’ailleurs je ne connaissais pas, parla du grand succès obtenu par « les jeux Olympiques que vient de restaurer un de nos compatriotes M. de Coubertin » causa-t-elle quelque émoi. Je dois citer aussi la courageuse intervention de M. Stephanopoli disant dans son Messager d’Athènes, à