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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/127

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loudis député, ancien ministre et Retzinas, maire du Pirée. M. Paul Skousès fut nommé trésorier ; MM. A. Mercati et Georges Melas, secrétaires. Ayant porté au prince royal qui les agréa les résultats de la séance, je n’avais plus qu’à partir. Je m’en allai vers Patras pour de là visiter Olympie et répondre à l’aimable appel de la Société Panachaïque de gymnastique qui me fêta à grands renforts de discours et de Marseillaises. Puis, je recueillis à Corfou les vœux réconfortants de l’archimandrite, M. Boulgaris et finalement j’arrivai à Naples où, sous les auspices du duc d’Andria, membre du Comité International pour l’Italie, je fis au cercle Philologique que présidait l’éminent député M. Bonghi, une conférence sur les Jeux olympiques passés et futurs.

M. Scouloudis s’était beaucoup fait prier pour accepter l’une des vice-présidences du Comité. Il avait tour à tour donné puis retiré sa démission. C’était un ami intime et un confident de M. Tricoupis. Je tenais à lui pour cette raison et j’eus grand tort : à peine étais-je hors de Grèce qu’il assembla en catimini les trois autres vice-présidents et commença de les chapitrer. On avait parlé d’une loterie en vue de recouvrer les fonds. M. Scouloudis s’empressa d’apporter la nouvelle que le gouvernement refusait de l’autoriser. Mon devis de dépenses montait à deux cent mille drachmes. M. Scouloudis prouva à grand renfort de chiffres qu’il en faudrait le triple. À ces conférences, les secrétaires dont il craignait l’enthousiasme juvénile n’avaient pas été convoqués. Je n’en fus pas moins tenu très au courant de ces manigances. Finalement le 6 décembre, M. Scouloudis appela chez lui le bureau au complet et proposa de se rendre chez le prince royal pour lui présenter un rapport dont les conclusions étaient absentes mais dont le sens était défavorable. On s’en remettrait alors à la décision du prince. Le même jour, il y eut à la Chambre grecque une interpellation au sujet des Jeux. Toute l’opposition donna ; MM. Papamichalopoulo, Eftaxia, Embirico, Zycomala parlèrent en faveur de leur célébration ; M. Tricoupis laissa à ses lieutenants MM. Dragoumis et Scouloudis le soin de répondre en termes vagues et malgré la mise en demeure du chef de l’opposition Delyanni, il n’ouvrit pas la bouche. Les journaux, le lendemain, le lui reprochèrent avec véhémence.

La réponse de son Altesse Royale ne fut pas ce que le premier ministre espérait. M. Scouloudis avait cru l’intimider par sa démarche collective. Mais le prince posément mit le rapport sur son bureau et dit qu’il l’étudierait à loisir. Il laissait ainsi très