Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/107

Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 96 —

de ce qui se pratique d’habitude, je voulais que la principale solennité eut lieu le premier jour pour attirer et fixer l’attention publique. L’exécution du fameux hymne à Apollon récemment découvert dans les ruines de Delphes me parut propre à rehausser magnifiquement l’éclat de la séance inaugurale. Théodore Reinach et Gabriel Fauré qui l’avaient transcrit et adapté s’y dévouèrent avec un zèle dont je leur serai toujours reconnaissant. Ce dernier réalisa des prodiges pour que la dépense totale, harpes, chœurs et soli ne dépassât pas 450 francs. Dans ce cadre admirable de l’amphithéâtre de la Sorbonne, l’impression fut immense. Les deux mille personnes présentes écoutèrent dans un religieux silence la mélodie divine qui ressuscitait pour saluer à travers l’épaisseur des âges le renouveau olympique. L’hymne fut précédé d’un magistral discours d’ouverture de M. de Courcel et d’une superbe poésie de Jean Aicard obtenue par l’intermédiaire de Madame Adam laquelle s’entremit par amitié pour moi, car elle était de ceux qui désapprouvaient qu’on « blasphémât » l’antiquité en prétendant la faire revivre. Tout autre était le sentiment de M. Michel Bréal qui suivit attentivement les travaux du Congrès, prononça au banquet de clôture un très éloquent discours et à quelque temps de là m’écrivit pour m’informer qu’il donnerait aux prochains Jeux Olympiques une « Coupe de Marathon ». Ce fut l’origine de tous les « Marathons » qui, à partir de ce moment-là, se multiplièrent dans les deux mondes.

La seconde des grandes fêtes du Congrès fut donnée par le Racing Club. Le 12 avril, M. Michel Gondinet m’écrivait : « Je transmettrai vendredi votre proposition au Comité du Racing. J’avais depuis longtemps la pensée de donner une fête de nuit pour célébrer le chiffre de 500 membres quand nous l’atteindrons. Mais au 21 juin, nous serons bien près de 500… » Par une soirée d’été aussi sereine que nous la pouvions espérer, la pelouse de la Croix Catelan s’embrasa de mille feux. Il y eut des courses à pied et des assauts d’armes aux flambeaux. Un feu d’artifice offert par M. Lejeune termina la fête. Des sonneries de trompes alternaient avec la musique militaire dissimulée dans les bosquets. Les spectateurs furent enthousiasmés. Un lunch au garage de la Société d’Encouragement dans l’île des Loups, un déjeuner donné par M. de Janzé au cercle de Puteaux, un championnat de Longue Paume au Luxembourg furent encore offerts aux congressistes qui, d’autre part, furent reçus au ministère de l’Intérieur par le président du Conseil M. Charles Dupuy, reçus également par