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Page:Coubertin - Une campagne de vingt-et-un ans, 1909.djvu/106

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gouvernement, présidât le Congrès en sa qualité de ministre des Affaires Étrangères, c’est-à-dire qu’il l’ouvrit et le clôturât laissant à d’autres, bien entendu, le soin d’en diriger les débats, M. Casimir Périer me l’avait promis. Mais bientôt M. de Bourqueney, me mandant à son cabinet, m’expliqua que le premier ministre apercevait des inconvénients à une présidence si insolite et s’en inquiétait. J’obtins pourtant une nouvelle promesse. Les scrupules eurent toutefois raison de la bonne volonté de M. Casimir Périer, ce que voyant j’abandonnai la partie et me retournai vers la Jean Aicard
m. jean aicard
personnalité la plus en vue de notre diplomatie, le baron de Courcel. Je ne le connaissais pas. Jusserand m’introduisit. « Je n’imagine pas trop quelle sorte de concours je pourrais prêter à M. de Coubertin car rien n’est moins athlétique que moi en ce moment et il y a beau temps que j’ai dit : cœstus artemque repono », répondit M. de Courcel. En effet, il ne s’attendait pas à ce qui lui parut d’abord une déplorable corvée. Mais il se laissa convaincre et, jamais depuis lors, sa confiance et sa sympathie pour notre œuvre ne se sont démenties. Je regarde comme un des hasards favorables de ma vie d’avoir pu compter sur l’appui constant de cet homme exquis, synthèse vivante de l’ampleur de vues jointe au souci raffiné du détail qui distinguaient aux grandes époques la diplomatie française et revivaient en lui de la façon la plus parfaite.

Après les membres d’honneur et les délégations, il nous fallait des fêtes. J’avais décidé de ne rien demander à l’Union pour équilibrer le budget du congrès. Mais encore fallait-il que les charges de ce budget ne dépassassent pas certaines limites. À la différence