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Page:Coubertin - Pages d’histoire contemporaine.djvu/287

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révolution mentale

fasse œuvre d’économiste et de sociologue avisé, de l’officier qu’il se montre à la fois organisateur, éducateur, conférencier, du professeur d’histoire qu’il applique à son sujet les rigueurs de l’investigation scientifique, du médecin qu’il ait approfondi les mystères de la psychologie ? Ne faut-il pas aussi que le travailleur manuel auquel les fonctions publiques et privées sont ouvertes non plus seulement par la loi mais par les mœurs, s’en acquitte honorablement et participe dans tous les cas de façon utile au mouvement syndical qui s’impose à lui pour son bien ou pour son mal ? Le financier et le commerçant n’ont-ils pas besoin d’être renseignés sur la législation générale et les traités internationaux ?…

Ainsi l’amour de la patrie comme le souci de la profession invitent à introduire, dans l’instruction de l’adolescent et dans l’information de l’adulte, des procédés appropriés aux besoins nouveaux qui se révèlent. Il faut tenir le bloc mondial toujours présent devant les intelligences, y rapporter les calculs et les réflexions. Il faut arriver à ce que le profil d’ensemble des continents s’évoque aussi facilement que les contours de la terre natale, à ce que les classifications artificielles cessent de dissimuler l’unité de la science, à ce que quelques périodes et quelques races ne monopolisent plus la mémoire et l’attention au détriment du vaste creuset où se sont enfoncés quarante siècles d’histoire et soixante milliards d’êtres humains.