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Page:Coubertin - Pages d’histoire contemporaine.djvu/282

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maintenant… renouons

ans, le prestige et la puissance morale des religions ont pu aller s’affirmant d’une façon de plus en plus évidente, de plus en plus rapide, la Papauté a pu s’élever à un rang imprévu, le catholicisme américain a pu se développer avec cette vigueur et le catholicisme germanique s’organise avec cette habileté… tout cela sans qu’en France nous en ayons seulement conscience ! La crise inverse qui se produit parmi nous a suffi à nous rendre tellement aveugles aux grands courants universels que l’énorme réveil du sentiment religieux et l’effondrement du temple matérialiste si laborieusement édifié se sont produits hors de nôtre rayon visuel ! Étrange : cela est néanmoins. Notre peuple tend à se figurer que, gardien d’une foi décrépite, le Pape calcule avec désespoir ce que vont coûter de fidèles à son Église l’initiative de M. Combes et l’ardeur de M. Buisson. Bien loin de coûter, cette ardeur et cette initiative rapporteront. Alors même que la rénovation qui agite le reste de l’univers tarderait à passer nos frontières, l’Église sait que chaque Français momentanément écarté d’elle sera remplacé par deux Allemands ou Anglo-Saxons… pourquoi donc s’inquiéterait-elle ?

Voilà ce qu’il ne faut pas se lasser de répéter, parce que, agréable ou non, c’est la vérité : vérité connue de ceux qui étudient l’étranger pour en tirer des enseignements, méconnue de ceux qui s’y réfèrent pour en tirer des arguments.

Alors ?… alors renouons. Maintenant que la question du régime intérieur de l’Église de France est vidée, que l’essai est obligatoire du régime nouveau, bon ou mauvais, hâtons-nous de rétablir avec le Souverain Pontife les relations normales qui s’imposent à toute grande puissance soucieuse de ne rien distraire de son patrimoine, de ne rien gaspiller des forces amassées par ses ancêtres. Cela s’accomplirait, avec un peu de bonne volonté, le plus facile-