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Page:Coubertin - Pages d’histoire contemporaine.djvu/280

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MAINTENANT… RENOUONS


18 décembre 1905.

La loi établissant le régime de la séparation des Églises et de l’État a été votée par les deux chambres. On vient de la promulguer et son entrée en vigueur ne saurait désormais faire de doute. Jamais texte législatif n’aura été l’objet de discussions plus approfondies, d’examens plus minutieux. La clarté pourtant n’a point jailli. Ce que nous réserve ce grand acte personne ne le sait : ce peut être l’apaisement définitif aussi bien que la persécution endémique ; ce peut être l’amorce du progrès comme l’obligation du retour en arrière. En un mot, l’abrogation du Concordat établit une loterie : le numéro qui sortira, Mme de Thèbes elle-même serait bien embarrassée de le découvrir.

Mais cette réforme — si réforme il y a — ne s’est pas faite seule ; elle a été précédée par autre chose : la suppression de notre ambassade auprès du Vatican et la cessation de tous rapports diplomatiques entre le Saint-Siège et la République française.

Ce fut là, si l’on peut ainsi dire, un geste de gouvernement, un geste pas très adroit, pas bien fin, médiocrement opportun ; mais, à coup sûr, ce ne fut qu’un geste. Sans revenir sur le détail d’événements malencontreux dans lesquels la Cour pontificale a peut-être une part de responsabilité, il est bon de rappeler que la majorité parlementaire qui approuva la rupture fut considérable et s’étendit jusqu’aux approches du centre droit. Si pourtant une voix