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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/97

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l’humanité

mais proclamant en même temps l’allégresse de l’action et la sainteté de la lutte ?

On ne peut dire, assurément, que, dans nos programmes d’enseignement, la Grèce soit négligée. Nous sommes à cet égard, pour nos collégiens, des guides consciencieux : nous les promenons longuement à travers les ruelles de l’histoire grecque, comme nous les promenons ensuite à travers les esplanades latines. Quand pourtant songeons-nous à leur expliquer le rôle que la Grèce a joué dans le monde et comment l’hellénisme fut un état d’esprit, tandis que la domination romaine fut un fait ? Savent-ils de quoi se composait un État grec ? Il y en eut plus d’un millier, tous indépendants les uns des autres, sans compter Sparte obstinément dorienne et demeurée particulariste à travers les siècles. Les plus grands avaient peut-être 300 000 habitants, comprenaient une ville, une plage, un port, quelques villages ; ils se multiplièrent dans l’archipel, dans la mer Noire, sur les côtes de la Turquie actuelle, de l’Afrique, de la Sicile, de la France et de l’Espagne. Dans l’Italie du Sud, leur nombre fut tel que