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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/87

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la terre

douteux. Mais qu’importe ? L’enseignement des sciences doit-il être subordonné aux besoins de l’esprit humain ou bien est-ce l’esprit humain qui doit céder devant les exigences formalistes des sciences ? Poser la question, c’est la résoudre. Dans le jardin pédagogique actuel, plusieurs sciences n’ont point accès ; les autres occupent, chacune, un pavillon séparé ; c’est avec des matériaux neufs mêlés aux matériaux provenant de la démolition de ces pavillons que nous voulons construire notre édifice. Pour cela, nous mettons à contribution l’astronomie, l’économie politique, l’agriculture : nous réduisons le rôle de la zoologie et de la botanique ; nous grandissons celui de la géologie et de la météorologie ; nous introduisons çà et là des notions pratiques d’une haute importance qui ne pouvaient trouver place sur l’étroit damier d’un enseignement formaliste ; nous reprenons à la physique et à la chimie les territoires qu’elles ont indûment envahis ; enfin, dirigeant l’attention de l’élève sur l’admirable outil à l’aide duquel tant de progrès divers ont pu être réalisés, nous lui livrons les mathématiques, vérités abstraites, intangibles, éternelles qui constituent le couronnement normal d’un semblable plan d’études.