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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/51

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la crise de l’enseignement secondaire

Or, la société est hiérarchisée et la hiérarchie paraît être dans son essence, puisqu’elle n’a jamais pu s’en libérer et ne semble pas en voie d’y parvenir. La démocratie supprimera-t-elle les catégories sociales auxquelles donne naissance la division de l’enseignement en trois ordres ? Toute la question est là. Or, la démocratie n’est point sentimentale dans ses tendances, quand bien même elle le serait dans ses aspirations. Ce qui, par elle, triomphe le plus sûrement, ce sont ses intérêts directs : elle y plie les hommes et les choses. Qu’avec la complication de l’outillage et de la vie modernes, elle ait intérêt à maintenir, pour son service, ces catégories, c’est ce qui me paraît de plus en plus évident. À cet égard, elle n’est pas égalitaire, et c’est pourquoi tout à l’heure j’employais le mot uniformité — de préférence à égalité. Elle veut un régime uniforme dans ses écoles, mais non pas une seule catégorie d’écoles : elle veut que le travailleur manuel soit considéré par ses concitoyens comme le travailleur cérébral, mais elle ne vise point à les confondre : et pour ce qui est du gouvernement, elle ne prétend pas le moins du monde à le voir exercer par le plus cultivé. Dans ces temps de transformation, où les jugements et