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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/49

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la crise de l’enseignement secondaire

fatales retardées d’autant. Au total, la civilisation aurait pu y gagner. En admettant même que la diffusion de la culture soit défavorable à l’élite, ce qui est encore insuffisamment vérifié, on ne peut nier que les progrès de la masse ne profitent à l’ensemble de la société.

L’instruction intégrale ne doit pas être condamnée a priori ; les idées sur lesquelles elle s’appuie valent d’être sérieusement examinées. Mais cet examen, précisément, ne semble pas devoir aboutir à des conclusions favorables. La théorie peut être juste : ce sont les faits qui lui barrent la route. Loin de se fusionner en un groupe, l’enseignement suit une marche inverse. La division en trois groupes va s’accentuant. Même là où on cherche à l’étendre et à le compléter, l’enseignement primaire ne rejoint pas pour cela l’enseignement secondaire et, entre ce dernier et l’enseignement supérieur, le fossé ne fait que s’élargir. Une expérience intéressante a, du reste, été tentée aux États-Unis. L’université américaine s’était flattée de faire un étudiant d’un écolier. Pour accomplir ce miracle, il suffisait, croyait-on là-bas, de prolonger un peu la durée de l’école et de porter à quatre années le stage universitaire ; de la sorte, la période « secondaire » était suppri-