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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/38

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notes sur l’éducation publique

qu’il connaît les affaires locales et qu’il est capable également de juger les questions d’ordre général. Ce n’est pas toujours le cas, certes, mais il parle du moins des unes et des autres de façon à donner l’illusion du savoir et de la compétence.

Obtiendrez-vous du candidat en tournée qu’il renonce, par délicatesse, à profiter de cette situation et qu’il ne franchisse pas le seuil de l’instituteur ? Et prétendez-vous imposer à celui-ci de ne pas donner ses sympathies au candidat qui lui a fait des promesses et de ne pas chercher à lui gagner des voix ? Il ne faut pas exiger de la nature humaine plus qu’elle ne peut donner. Ces promesses d’ailleurs sont blâmables parce que celui qui les formule sait trop souvent qu’il ne les tiendra pas. Mais, en soi, qu’ont-elles de répréhensible ? Il s’agit d’un avancement, d’une gratification à obtenir, ou même d’un simple vote à émettre pour appuyer une mesure favorable à la corporation.

Par malheur, les choses n’en restent pas là. C’est tout un engrenage dans lequel l’instituteur a mis le pied. Auprès de lui, à sa portée se tient la presse locale que la démocratie développe parallèlement à l’école. L’instituteur et le journaliste d’opinions avancées ne peu-