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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/37

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le problème de l’école primaire

La grève qu’ils proclameraient n’aurait, en effet, ni sens ni portée. Par contre, l’action politique qu’ils sont susceptibles d’exercer est considérable parce qu’elle est permanente.

La politique tente l’instituteur à tous les points de vue. D’abord elle l’intéresse. Un peu isolé, il mène une vie presque exclusivement intellectuelle, mais en même temps immobile, passive, terne. À moins qu’il n’y ait en lui l’étoffe d’un véritable manieur d’âmes — étoffe très rare après tout — on ne peut lui demander que de la conscience, non de l’enthousiasme, dans sa façon de remplir son mandat. Les matières qu’il enseigne ne sont pas passionnantes en elles-mêmes. L’appréciation et la discussion des événements contemporains le sont davantage ; ils représentent pour lui la vie, l’action, l’actualité. Il a une opinion sur ces choses et volontiers, il la donne. Dans les campagnes ou dans les centres peu populeux, on le provoque d’ailleurs à parler. Mais la politique a pour lui un intérêt encore plus direct : elle est une source d’influence et, en même temps, elle lui ouvre des horizons meilleurs. C’est qu’en effet, l’instituteur, dans la société démocratique où l’élection domine, est une force électorale indiscutable. On le consulte parce qu’on pense