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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/326

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notes sur l’éducation publique

lui sourire, mais ce n’est point elle qui l’a formulé, c’est le socialisme. Il y a toute apparence qu’elle n’y adhérera jamais, le sentant irréalisable. Rien n’indique, en tous les cas, que les trois ordres d’enseignement soient en voie de se confondre ; on dirait qu’au contraire, entre eux, les dissemblances vont s’accroissant et se fortifiant.

À l’école primaire, deux choses nous ont frappés : c’est d’abord combien la querelle confessionnelle qui s’agite autour d’elle, masque de préoccupations politiques, en sorte que l’on se dispute, en général, l’influence électorale de l’instituteur beaucoup plus que les âmes de ses élèves ; c’est ensuite l’insuccès des tentatives ayant pour objet d’introduire dans l’enseignement élémentaire des aperçus scientifiques qui devaient, pensait-on, former prématurément des esprits réfléchis et rapprocher l’un de l’autre le collège et l’école. Cet espoir a été plus ou moins déçu. Les noms, les faits, les dates, les règles et les chiffres demeurent la longue et ennuyeuse, mais indispensable filière par laquelle l’intelligence et la mémoire doivent passer, avant que de s’exercer sur des idées et des raisonnements ; les progrès que l’ordre primaire peut réaliser s’annoncent dans