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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/299

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l’éducation des femmes

par parenthèse, ne semble pas devoir renverser grand’chose sur sa route. Quand le calme sera un peu rétabli, il restera que l’attention aura été suffisamment attirée sur les questions qui concernent la femme, pour qu’on ne puisse plus l’en détourner ; et ce sera toujours cela de gagné.

Alors, avec sang-froid et méthode, on examinera quelles sont les caractéristiques féminines dont il faut tenir compte dans l’éducation, et je pense qu’on en apercevra deux qui dominent toutes les autres. La première, c’est la prédominance du sentiment dans la nature de la femme. Si le raisonnement peut suffire, parfois, à appuyer la vie morale de l’homme, celle de la femme n’a de base solide que dans le sentiment. Une femme qui ne sent pas avant de comprendre est anormale, presque monstrueuse. Ce ne sont pas les raisonnements qui lui feront aimer sa lourde tâche, et les féministes exaltées ont raison en ceci, que le mariage et la maternité sont en effet des jougs odieux, si le sentiment n’est pas là pour les transformer. Le sentiment, la sympathie, le don de comprendre