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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/296

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notes sur l’éducation publique

moyens de gagner honnêtement leur vie, rien de mieux ; mais tout cela ne devrait pas faire perdre de vue le problème principal, qui est d’accorder l’éducation de la femme avec sa mission future, et c’est là ce que négligent les féministes.

Le féminisme n’est autre chose qu’un des aspects du vaste mouvement d’émancipation qui transforme la société moderne et qui relâche et assouplit, un à un, les liens séculaires par lesquels les sujets tenaient au souverain, les fidèles à l’Église, la famille à son chef, les ouvriers au patron : il est aussi déraisonnable de penser que le mariage va sombrer dans cette tourmente que de conclure de ces divers phénomènes, à la disparition de la foi religieuse et de l’amour filial, ou à l’établissement du régime anarchique dans le gouvernement et dans l’atelier. D’où il suit qu’élever la femme en vue de la seule résistance à l’homme, n’est pas moins absurde que de prêcher aux travailleurs, aux enfants, aux citoyens, la révolte systématique contre toute forme d’autorité, quelle qu’elle soit. C’est pourtant ce que l’on s’efforce d’accomplir lorsqu’on prétend arriver à l’égalité des sexes. Égalité ne veut pas dire ici équivalence, mais similitude. L’équivalence est déjà