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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/294

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notes sur l’éducation publique

seur qui ne saurait y trouver son gagne-pain, ni à l’élève que rien ne force à la recevoir. Le recrutement des uns et des autres se fera donc toujours à l’imprévu, un peu comme celui des Églises naissantes. Il existe des prédestinés pourtant ; ce sont les étudiants. Une telle besogne est, par excellence, la leur : elle leur permet, à la fois, de se rendre utiles à la société et d’apprendre à connaître les complications de sa structure. Ils ne sont pas les grands prêtres de la science, ils en sont les lévites, les intermédiaires naturels entre elle et la foule. En Angleterre, aux États-Unis, le mouvement d’University Extension est, en grande partie, leur œuvre et beaucoup de settlements ne prospèrent que par leur dévouement. Plus les étudiants comprendront leur rôle social et s’y intéresseront, plus les universités acquerront de prestige et d’influence véritable. C’est par là, qu’à l’époque actuelle, les disciples peuvent s’acquitter envers leur Alma Mater, en lui rendant, en puissance collective, la force individuelle qu’elle aura développée en chacun d’eux.