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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/292

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notes sur l’éducation publique

la vie civile. Il est étrange que la démocratie n’ait pas encore songé à profiter du hasard qui lui livre ainsi, à l’âge le plus malléable, des auditoires de jeunes hommes, tout prêts à recueillir ses enseignements. Elle y pensera, sans nul doute, et là encore, si elle est bien inspirée, elle fera appel aux bonnes volontés individuelles ; même à l’ombre du drapeau, dans le cadre un peu étroit du formalisme disciplinaire, c’est l’initiative privée qui saura le mieux assurer l’éducation complémentaire du soldat et du marin.

Deux mots à propos des programmes et des professeurs. Les œuvres post-scolaires s’égareraient et périraient, si elles ne savaient être que le prolongement de l’œuvre scolaire. Non seulement les méthodes, mais les sujets doivent être différents. L’expérience acquise, par exemple en Angleterre, par les promoteurs de l’University Extension, est symptomatique à cet égard. Les auditeurs, laissés libres de choisir des sujets de cours, ont presque toujours indiqué de l’inutile, du superflu, ce que du moins nous sommes trop portés à juger tel. S’instruire suppose un effort : cet effort, l’enfant le donne pour devenir homme ; l’homme ne le donnera, à moins d’un intérêt matériel immé-