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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/291

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notes sur l’éducation publique

Elles ne sont pas toutes nées. La civilisation dont les formes se modifient sans cesse, nous a conduits vers un militarisme que les optimistes annonçaient devoir disparaître prochainement et qui, au contraire, s’installe en se transformant. Il faudra songer aux soldats et ne pas oublier, selon le mot si heureux d’un de mes amis, le colonel Lyautey, que pendant leur temps de service, on leur doit « la vie totale » et non point seulement la nourriture et l’habillement. Des bibliothèques, des cercles mêmes ont déjà été créés dans certaines casernes : et pourquoi pas des conférences, pourquoi pas l’instruction générale, à côté de l’instruction professionnelle ? Notons que si le paysan, l’ouvrier profitent insuffisamment de l’école primaire, c’est ici l’occasion d’en confirmer, d’en fortifier l’action. Le soldat est un peu un écolier. Sans doute, il faudrait lui laisser la liberté de son choix, dans une affaire qui ne touche pas directement au service militaire, mais l’uniformité de sa vie, l’exemple de ses camarades en feront un auditeur moins fantasque, moins indépendant qu’il ne serait dans