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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/29

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l’état et la famille

prêtre qui en possède la notion ; elle s’étend au fonctionnaire laïque, à la société entière ; on retrouve ses traces dans les lois, dans les règlements, dans tout l’édifice administratif : elle avait pris partout racine.

Ouvrez maintenant un modeste manuel de date plus récente qui porte la signature d’Edward Thring, en son vivant Headmaster du collège d’Uppingham et l’un des plus nobles esprits que l’Angleterre ait produits. Celui-là aussi a trouvé une formule, mais combien différente ! L’éducation, pour lui, est une œuvre « de travail, d’observation et d’amour ». L’autorité et le respect, il n’en parle plus. La bataille, il la nie. Travail, observation, amour : la recette est unique et suprême.

C’est vers cette formule que se tourne la démocratie, par une de ces réactions naturelles qui n’ont pas besoin d’être provoquées : Rousseau, d’ailleurs, n’est plus assez lu et Thring est trop peu connu pour qu’on leur attribue en ceci un rôle déterminant. Les causes en sont plus lointaines et plus générales. La diffusion de l’instruction, l’émancipation graduelle de la conscience, l’habitude de juger plus li-