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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/286

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notes sur l’éducation publique

d’un bien collectif ; ce n’est point une de ces modestes enclaves dont on peut, à la rigueur, abandonner la culture aux laboureurs individualistes, c’est un vaste morceau de terre, tout d’une pièce, et l’État en tirerait admirablement parti. — Voilà bien les raisonnements habituels à ces niveleurs fanatiques ! Qu’ils daignent pourtant réfléchir et ils s’apercevront que l’éducation complémentaire ne peut subsister que par la variété et l’indépendance, deux qualités que ne sauraient avoir les institutions d’État. Comment obtiendrez-vous d’un adolescent déjà émancipé ou d’un homme fait, marié et père de famille, qu’ils se remettent à l’école, qu’ils retournent s’asseoir sur les bancs de bois rangés en face du tableau noir et de la grande carte murale, souvenirs plus ou moins attrayants de leur enfance ? Comment obtiendrez-vous qu’ils écoutent, avec ferveur, l’instituteur faire le cours du soir ou la conférence réglementaire, dont les sujets auront été prescrits par circulaire ministérielle et en vue desquels, le gouvernement accorde au corps enseignant un supplément de traitement ? Ils tiendront une fois en passant, par curiosité ou désœuvrement ; ils ne seront pas des assidus et des convaincus. Du reste l’expérience faite en