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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/275

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l’université moderne

démocratie a besoin, pour progresser et vivre en harmonie avec elle-même, de posséder ce précieux talisman.

On ne saurait s’étonner que l’université soit l’endroit le plus favorable à sa préparation. Nulle part, en effet, l’esprit de tradition et l’esprit de nouveauté ne se combinent plus volontiers. Les étudiants sentent fort bien que les traditions ne constituent pas seulement, pour eux, des titres de gloire, mais qu’elles forment la base la plus solide de leur groupement ; rien de significatif à cet égard comme la hâte avec laquelle, dans les universités naissantes, ils improvisent des traditions, voire de l’ordre le plus futile. D’autre part, ils sont jeunes et demain est à eux : ils n’en craignent rien, ils en espèrent tout. De sorte que leur jeunesse les fait novateurs et hardis, tandis que leur qualité d’étudiants les maintient conservatifs et traditionnels. Le double culte qu’ils rendent à l’avenir et au passé est, d’ailleurs, éclairé et désintéressé ; il n’est pas limité par l’ignorance ni pollué par l’intérêt ; la science leur a rendu familières les annales du pays et, dans les plans qu’ils forment pour le développement de l’œuvre collective, les préoccupations personnelles n’entrent que pour une part honnête et légitime. Enfin, l’uni-