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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/270

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notes sur l’éducation publique

L’avenir cependant ne s’annonce pas comme une simple reproduction du passé : l’autonomie nouvelle ne saurait être celle de jadis : elle sera plus stable, en tous cas. Quiconque étudie les annales des grandes universités ne peut manquer d’être frappé par les fluctuations incessantes de leurs destins ; à des périodes d’admirable fécondité succédèrent de lamentables sécheresses : le silence du délaissement se fit dans des enceintes que venait d’emplir l’enthousiasme de la popularité ; la gêne s’installa dans les édifices élevés par la richesse, et des noms qui étaient sur toutes les lèvres tombèrent dans l’oubli. La cause de ces revirements ?… un caprice de la mode, un événement imprévu, mais plus souvent la présence dans le corps professoral, de quelques hommes de génie, dont la réputation rejaillissait sur leurs collègues et sur leur université tout entière. Les lettrés d’Europe ne formaient alors qu’un petit bataillon cosmopolite et volontiers nomade. En le groupant au pied de leurs chaires, les docteurs en renom centralisaient l’attention du monde et faisaient le vide autour de ceux que