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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/27

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l’état et la famille

avec ceux de la démocratie : mais, quels que soient les liens entre les deux phénomènes, il faut reconnaître que l’externat — facilité d’ailleurs par certaines améliorations matérielles de la vie moderne — a trouvé son plus puissant stimulant dans la réaction marquée qui s’opère contre les théories pédagogiques des âges précédents. Autant les vues politiques de Jean-Jacques Rousseau avaient suscité d’adhésions enthousiastes, autant ses préceptes éducatifs étaient demeurés sans influence sur l’opinion. Or, s’il entrait une forte dose d’utopie dans sa conception idyllique du gouvernement, Rousseau était plus près de la vérité en cherchant à enlever à l’éducation son caractère rébarbatif et s’il est naïf, de la part de l’État, de trop tenir compte des bonnes intentions de ses administrés, rien n’est plus maladroit, de la part du pédagogue, que de limiter sa tâche à la destruction des mauvais germes et à la poursuite des mauvais instincts de ses élèves.

Cette conception dangereuse et surannée de l’éducation vient en grande partie de l’Église. La rudesse des mœurs la favorisa mais c’est aux doctrines ecclésiastiques qu’elle dut surtout sa diffusion. On ne jette pas, plusieurs siècles durant, l’anathème sur la chair de l’homme sans