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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/268

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notes sur l’éducation publique

de la suprématie pédagogique de l’État, ne laisse pas que de surprendre un peu. Il est très rare qu’en France des fonctionnaires se fassent ainsi les apôtres d’une modification notable, les ouvriers d’une réforme, surtout si cette réforme est en contradiction avec quelqu’une des doctrines de la Révolution. Or ce fut la Révolution qui supprima les universités régionales et, pour oser les rétablir, il fallait que la troisième République en sentit l’impérieuse nécessité. La question, à vrai dire, ne passionna guère le gros de l’opinion et, devant le Parlement, la loi qui consacrait ce retour en arrière ne passa pas sans difficulté. La plupart des électeurs, ne voyant dans le projet qu’un surcroît de charges budgétaires, s’y montraient défavorables et leurs représentants inclinaient naturellement à partager ces vues étroites. Mais l’unanimité des professeurs et des étudiants et, en général, de tous ceux qui avaient à cœur le progrès scientifique, finit par l’emporter. Ainsi disparut le régime d’asservissement de l’enseignement supérieur à l’autorité centrale, institué par les Jacobins et consolidé par Napoléon.

L’échec est à méditer : rien ne prouve mieux combien les trois ordres d’enseignement sont réfractaires à une organisation uniforme ; à