Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/252

Cette page a été validée par deux contributeurs.
238
notes sur l’éducation publique

pée, déjà prompte au libre examen ; d’autant qu’à l’heure même où il eût fallu en élargir les formules, une politique maladroite s’était employée à les rétrécir encore davantage. Devant les hommes d’esprit indépendant, chaque jour plus nombreux, les portes des temples s’étaient fermées. La conquête de la matière, un instant, put distraire ces hommes, les griser même. Les voici pourtant qui reviennent, mais très différents de ce qu’ils étaient au départ. Ils ne cherchent plus à pénétrer dans les parvis sacrés ; ils se massent à l’entour. Là, les uns élèvent des autels solitaires, les autres forment des groupes désintéressés ; d’autres, encore, regardent et méditent. Le culte du « Dieu universel » est né. En Virginie et en Californie, des étudiants, déjà, lui ont dédié des chapelles. C’est bien à Lui, du reste, que le président des États-Unis rend un hommage public lorsque revient, chaque année, l’époque du Thanksgiving et il y a telle circonstance de leur règne, où la reine d’Angleterre et l’empereur d’Allemagne ont, en des rescrits mémorables, prêché son évangile à leurs sujets.

Les vibrations de l’action scientifique se sont prolongées plus loin encore. Jusque dans les milieux ecclésiastiques, en apparence les