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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/223

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l’éducation physique au xxe siècle

n’en va pas de même du chauffeur. Celui-là n’a pas le choix. Force lui est de nettoyer lui-même son trembleur, de changer sa bougie, de vérifier ses contacts ; de passer en revue tous les rouages de sa machine pour découvrir d’où vient la « panne ». Il doit faire tout cela sur place, séance tenante, sans crainte de se salir ou de se tacher, qu’il soit le grand-duc russe dont j’examinais le tricycle ce matin même ou l’apprenti mécanicien qui, hier, m’a amené le mien du garage… Voilà une très salutaire obligation qui ne tardera pas à influer sur tous les sports. Pourquoi un garçon ne sellerait-il pas le cheval qu’il va monter, n’attellerait-il pas celui qu’il va conduire ? Pourquoi ne remplacerait-il pas lui-même la lame brisée de son fleuret ? Et s’il a un bateau à lui, pourquoi ne lui laisserait-on pas le soin de le laver, de le revernir même à l’occasion ?… Du sport, ces habitudes glisseront tout doucement dans la vie quotidienne. En Amérique, elles s’y trouvent déjà installées et le «  help yourself » — débrouillez-vous ! — est en maintes circonstances, le dernier mot de la sagesse. Pas besoin d’un atelier en somme pour devenir adroit de ses mains ; la démocratie est un vaste atelier où il y a place pour tous. Sports, voyages, service