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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/222

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notes sur l’éducation publique

nomment un peu dédaigneusement « l’ère du commerce », que le socialisme enfin prétend se passer du concours des initiatives privées et les rendre à jamais inutiles : mais ce sont là des aspirations vagues ou des théories creuses ; la vérité, c’est que l’homme instruit et débrouillard sera encore le maitre ce soir, et encore demain. Or ne comptons pas plus, pour fabriquer un débrouillard, sur la gymnastique scientifique que sur les logarithmes.

Cet apprentissage viril, dont l’importance sera vite reconnue et l’habitude bientôt prise, aura une conséquence susceptible de réjouir Rousseau dans sa tombe. Grâce à lui, se trouvera organisé le travail manuel que, tant de fois, on a cherché à introduire dans les collèges et qui n’y a guère réussi parce qu’on n’avait pas su lui donner une forme pratique. L’invention de la bicyclette et, surtout, celle du motocycle ont, à cet égard, révolutionné le sport. Un bon cycliste doit savoir réparer lui-même nombre de petits accidents survenus à sa machine, en cours de route, et le plus souvent il le fait. Toutefois, il peut encore, neuf fois sur dix, se soustraire à cette obligation, soit que le « grand frère » se trouve à portée, soit que passe un véhicule complaisant qui le recueillera… il