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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/218

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notes sur l’éducation publique

ne lui donne pas le qualificatif de « suédoise », parce que je ne crois pas que, sous sa forme scandinave, elle se soit engagée dans une voie assez large pour pouvoir rallier dans l’avenir tous les travailleurs qui chercheront à la faire progresser ; la Suède n’en gardera pas moins l’honneur d’avoir été l’initiatrice. Le terme « scientifique » me paraît mieux approprié, parce qu’il indique bien que la préoccupation dominante est de marcher avec la science et de ne marcher qu’avec elle, fût-ce à pas lents. C’est cette préoccupation qui fait le mérite du système et la garantie de son succès. Or, la science est bien loin d’avoir dit son dernier mot sur cette grave question de l’aide que l’homme peut apporter à la nature, dans les lentes et incessantes transformations que subit le corps humain. Notamment, lorsqu’il s’agit de l’enfant, être malléable par excellence, l’exercice bien approprié et bien dosé produit des effets d’une remarquable puissance. L’effort viril, au contraire, lui est pernicieux. Rien de pire que de livrer prématurément à l’enfant des engins de sport. En dehors de ses jeux, pour lesquels il faut évidemment lui laisser quelque liberté de mouvement et d’imagination, on doit tendre à adoucir, à modérer le