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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/213

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l’éducation physique au xxe siècle

dité — occupe dans la civilisation moderne une place trop centrale, constitue un rouage trop important pour qu’on puisse se désintéresser désormais de sa constitution et de son fonctionnement.

Il n’en fut pas toujours ainsi. Jusqu’à présent, penseurs, soldats, ouvriers avaient plus ou moins vécu à part les uns des autres ; il y avait une tendance à favoriser le développement animal de l’individu, dans le sens du métier, du rang social, des dispositions naturelles. La tendance est aujourd’hui vers la culture totale. Ce n’est pas seulement la démocratie qui veut cela, c’est surtout la transformation du travail, le caractère industriel de l’époque, la toute-puissante déesse Activité qui règne déjà sans conteste. Pour la servir comme elle veut être servie, le penseur doit avoir de bons muscles et l’ouvrier, un cerveau bien lesté. Voilà pourquoi l’éducation physique dominera de plus en plus les préoccupations des peuples, et pourquoi son rôle va grandir inévitablement. Mais dans quel sens le mouvement se dessinera-t-il ? Trois écoles en revendiquent la direction ; nous venons d’examiner leurs titres respectifs, qui sont sérieux. Voudrait-on d’ailleurs éliminer l’une d’entre elles