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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/175

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la psychologie du sport

bonne bicyclette que l’honnête bourgeois ventru enjambe en l’inclinant, jusqu’au monocycle qu’un clown seul sait manœuvrer. Comme son frère le patineur, le cycliste inconsciemment copie l’oiseau. Son idéal est de supprimer la pesanteur : pour cela, il lui faut ne plus sentir les frottements de la machine, ni les déplacements de son propre centre de gravité. L’industrie moderne lui livre des montures si parfaites qu’elles ont, en quelque sorte, leur individualité, leur tempérament ; c’est à lui de développer, en s’en servant, son agilité et d’atteindre ainsi le maximum d’équilibre qu’il peut réaliser. Au gymnase, bon nombre d’exercices réunissent les mêmes éléments psychologiques ; entre l’homme et son trapèze volant il y a aussi une harmonie intime

Combien différents sont les sports de combat : non point seulement la lutte et l’escrime ou la boxe, qui sont des formes de la lutte, mais aussi la natation où l’adversaire est une chose. On dit d’un homme : il nage comme un poisson. Mais rien n’est moins exact. Le poisson se meut normalement dans l’eau, comme l’être