Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/152

Cette page a été validée par deux contributeurs.
138
notes sur l’éducation publique

nobles entendaient se réserver la paume et, malgré eux, le goût s’en répandait en province parmi la bourgeoisie et le peuple. Il est certain qu’au moyen âge l’instinct sportif se fût aisément développé en Europe si l’esprit féodal ne lui avait barré la route. Quelque dépourvus de réglementation sportive qu’aient été la soûle ou certains jeux similaires, en vogue dans l’Ouest au xive et au xve siècles, il est permis de penser que leur influence ne fut pas nulle sur la formation de l’infanterie anglaise qui vainquit à Crécy, à Poitiers, à Azincourt et plus tard des redoutables bataillons français qui envahirent l’Italie.

Vers le milieu du moyen âge, l’instinct sportif rencontra un autre ennemi, non moins redoutable que l’exclusivisme féodal : ce fut l’Église. Le christianisme avait, dès ses débuts, regardé l’athlète d’un mauvais œil. Si les Pères de l’Église primitive, prompts à l’anathème, l’ont en général épargné, c’est probablement que, voyant sa décadence se précipiter, ils réservaient leurs forces pour abattre des institutions plus vivaces et, partant, plus in-