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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/149

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le sport à travers les âges

momentanée, l’empire grec, en somme, a duré mille ans et son histoire est peu connue. Elle contient sans doute bien des relèvements partiels, des renaissances avortées, de ces alternatives de force et de faiblesse propres aux maladies chroniques des peuples comme à celles des particuliers.

Le sport hellénique avait été démocratique au sens que pouvait avoir ce mot, en un temps d’esclavage : le sport du moyen âge fut aristocratique. La vie physique du futur chevalier le prenait dès l’enfance. À un âge invraisemblable on le plaçait sur un cheval ; puis il apprenait l’escrime du bâton, de la lance et de l’épée. Il suivait son père à la chasse ; au sortir des murailles sombres du donjon féodal, le plein air le grisait ; il touchait le moins possible aux livres, les jugeant bons pour les estropiés. Un rude apprentissage commençait ensuite pour lui, celui d’écuyer. Le mot est gracieux et l’on se représente mal l’écuyer soumis à un régime d’obéissance passive et devant s’abaisser jusqu’aux corvées d’écurie. Il en était ainsi, mais le but à atteindre illuminait la route, de même