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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/146

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notes sur l’éducation publique

à plusieurs reprises sur ce double point de vue : il loue, dans l’athlétisme, la préservation de l’harmonie individuelle et l’entretien de la force nationale. Un peu plus loin, il démontre comment le désir de se distinguer, la soif de la renommée, qui en découlent habituellement, deviennent des stimulants favorables au perfectionnement social de la nation En réalité ce ne sont là que des motifs divers d’approuver l’athlétisme, de bonnes raisons qui militent en sa faveur : mais ce qui le soutient, c’est l’existence d’un instinct que j’appellerai l’instinct sportif et dont nous tâcherons précisément de déterminer, tout à l’heure, la nature et les caractères.

Cet instinct-là ne s’était pas manifesté chez les peuples de l’Orient. On le pressent en quelque sorte en lisant dans l’Iliade le récit des jeux auxquels se livrent, sous les murs de Troie, les guerriers hellènes. Il apparaît nettement et s’affirme dans l’organisation savante du gymnase grec, établi sur un plan uniforme avec ses portiques où se tiennent les promeneurs et les curieux, ses bains, ses exèdres où enseignent les philosophes et les rhéteurs, ses salles de jeux et ses terrains d’exercices. Ceux qui viennent là sont bien en quête de la joie de