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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/120

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notes sur l’éducation publique

slave et restaura ces influences latines qui devaient se traduire, au siècle suivant, par des mouvements littéraires d’une si belle ordonnance que l’humanité charmée leur pardonna leur grande pauvreté de sentiments.

Charles-Quint, Philippe ii et Louis xiv furent les exécuteurs de cette œuvre colossale. Le premier l’imposa à l’Italie ; le second commit en son nom des excès qui provoquèrent la révolte des Pays-Bas et préparèrent la ruine de l’Espagne ; le troisième l’habilla d’élégance et de gloire, au point qu’elle parut acceptable et qu’un siècle durant, les peuples, soumis, la vénérèrent.

Dans le sillon français pourtant, reposait dès lors un autre grain : Henri iv l’y avait enfoui ; il a produit, depuis, la moisson du bon sens opportuniste et tolérant. Toute la France des xviiie et xixe siècles se résume dans le choc de ces deux courants contraires, celui du jacobinisme royal ou révolutionnaire, conservateur ou radical — et celui du possibilisme mesuré, prudent et sage. Ils n’ont point fini de lutter et certains pensent que cette lutte est indispensable à la nation, tant elle paraît être dans l’essence de son génie.