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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/119

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l’humanité (suite)

plus encore peut-être, le matérialisme guerrier de Jules ii et le tranquille athéisme de Léon x. Bien loin d’être connexes, la Renaissance et la Réforme furent deux mouvements contraires ; mais le second ne tarda pas à en déterminer un troisième qui se traduisit par la fondation de la Compagnie de Jésus et la réunion du Concile de Trente.

Le Concile de Trente est peut-être l’événement le plus important de la période moderne ; on lui consacre, dans la plupart des cours d’histoire, trois ou quatre lignes et il prend rang dans la mémoire parmi tous les autres conciles, comme s’il n’avait eu d’autre résultat que d’introduire quelques modifications dans le règlement intérieur de l’Église. En réalité, il transforma la religion, la politique, la philosophie, la littérature : seul, l’art échappa aux conséquences de ses censures. En face des exagérations de la Réforme, il dressa les exagérations d’un nouveau catholicisme, dogmatique et intransigeant ; il en chassa les philosophes qui avaient été jusque-là les compagnons laïques des théologiens ; il créa l’Index, cette Bastille de la pensée et l’Inquisition, cette parodie sanglante de la justice ; enfin il tua le génie grec, rejeta l’orthodoxie vers le monde