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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/118

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notes sur l’éducation publique

volonté travaillaient à un rapprochement philosophique et religieux, cherchant à accorder Platon, resté Grec, avec Aristote, devenu Latin, et à préparer la fusion des deux Églises. Lorsque Constantinople fut prise, le mouvement s’accentua au point qu’on put se demander si l’hellénisme ne marchait pas, une seconde fois, à la conquête du monde.

Mais cela n’eut pas lieu : le germe était affaibli et le sol trop humide. Il sortit une végétation prodigieuse qui se traduisit par les œuvres d’un Michel Ange, d’un Léonard de Vinci, d’un Raphaël et d’une pléiade d’artistes, sculpteurs, peintres, architectes, de savants, d’écrivains, de poètes ; mais le fruit moral ne vint point : il tomba avant l’heure et l’on vit qu’il était pourri.

Ainsi naquit la Réforme, non point d’une aspiration vers la liberté de conscience que ni Luther, ni Calvin ne ressentaient, moins encore du désir d’amener une révolution politique qu’ils répudièrent hautement, mais de l’indignation que soulevaient en eux les crimes, les hontes, le cynisme d’Alexandre Borgia et,