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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/117

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l’humanité (suite)

Jusqu’ici, on ne le tente guère : c’est pourquoi toute l’époque de la Renaissance — notamment en Italie — demeure si confuse et si vague. Qu’il y eût alors une Italie, c’est ce dont nul ne se doutait hier et ce que les jeunes Italiens sont encore aujourd’hui seuls à apprendre. Sortie bien vivante de cette longue lutte pendant laquelle la papauté et l’empire allemand s’étaient épuisés l’un l’autre, la péninsule aspirait à jouir de paix, de liberté, de richesse et de raffinement. Milan, Venise, Florence, Rome et Naples lui formaient une couronne à cinq fleurons. Le gouvernement absolu des Sforza, l’oligarchie vénitienne, le régime démocratique des premiers Médicis, le pontificat tolérant d’un Pie ii et d’un Nicolas v, la royauté étrangère d’un Alphonse d’Aragon, pour dissemblables qu’ils fussent, tendaient néanmoins au même but : tournés vers l’agonie byzantine, ils recueillaient avidement l’héritage antique qu’on leur léguait. Longtemps avant la chute de Constantinople, ses princes déchus de leur puissance orientale s’étaient retournés vers l’Occident : aux relations commerciales, entretenues par les vaisseaux de Venise, s’étaient superposées les relations intellectuelles ; des hommes de bonne