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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/116

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notes sur l’éducation publique

Ce que Shakespeare et Bacon sont à l’Angleterre, Rabelais et Descartes à la France, Goethe et Kant à l’Allemagne, Spinoza ne l’est point à la Hollande ni Dante à l’Italie. Il y a des penseurs chez lesquels le génie de la race s’est plus spécialement incarné, ou bien qui ont agi assez puissamment sur lui pour le détourner, momentanément du moins, de sa voie. Sans exalter ceux-là au-dessus du niveau que leur assignent leurs œuvres, il importe de bien mettre en relief l’influence qu’ils ont exercée ; ce sont ces influences, après tout, qui, dans les temps modernes, décident en général du cours des choses. Je ne vois pas qu’un tel enseignement passe la portée des jeunes esprits que le maître doit former. Rien de plus clair que l’exposé de la plupart des grands systèmes philosophiques et des grandes œuvres littéraires ou artistiques, si l’on prend la peine d’en rechercher les idées vraiment centrales, de les traduire en langage ordinaire et de se dégager résolument, ici de la métaphysique, là de la rhétorique ou du procédé qui sont affaire d’enseignement spécial.