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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/113

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l’humanité (suite)

Si vous demandez à un jeune Français, à un jeune Allemand, à un jeune Anglais, de vous résumer les principaux événements de l’histoire de la France, de l’Allemagne, de l’Angleterre pendant le xvie et le xviie siècles, qui furent par excellence des siècles de cristallisation, d’où vient qu’ils vous diront des choses si étrangement contradictoires ? D’où vient que chacun d’eux, de très bonne foi, vous présentera son pays sous la forme du soleil autour duquel tournent des planètes de grandeurs inégales, mais recevant toutes de l’astre central la lumière et la chaleur ? D’où vient que le récit de l’un fera surgir en tout premier plan des faits et des personnages dont l’autre ne fera pas même mention ? Dans l’histoire ainsi conçue, le génie de chaque peuple n’a pas sa place ; rien n’est mis au point ; la « notion humaine » peut, moins que jamais, se former, et l’inconvénient s’aggrave à mesure que l’on approche de l’époque moderne et qu’il s’agit des collectivités au milieu desquelles nous vivons.

On a beau insister sur les détails de la guerre de Trente Ans, ce n’est pas à travers ses mul-